album
American Dream
Dramaturgie-livret. Composition spontanée. Plasticité des espaces sonores.
Imaginé autour de la poésie américaine contestataire, American Dream est un album à la dramaturgie musicale, poétique et - mis à part Room full of miroirs de Jimi Hendrix - librement improvisée. La société américaine de ces années-là est violente : guerres, angoisse nucléaire, ségrégation, émeutes raciales, pouvoir financier surpuissant… Les colères phénoménales de la Beat Generation se transforment en comètes poétiques : l’espoir - propre à l’acte de création - d’une transformation du monde est encore intact. Modèle économique quasi unique de la planète, les Etats-Unis sont devenus l’endroit où, paraît-il, l’on peut naître très pauvre et devenir très riche. Le fourre-tout de l’American Dream. Lorsque les anti-héros du mythe américain décident de reprendre ce qu’on leur a volé, et plus que le mot lui-même, leur liberté, c’est une cocotte minute prête à l’explosion. Chez Ginsberg, la machine à rêve américaine devient un Moloch qui broie individus, absorbe la société, la régurgite en une Urbs unique et terrifiante, à vocation de déshumanisation. Monde où les espaces du sacré sont en voie de disparition. Monde où vérités et mensonges sont réversibles. Le faux semble vrai, le vrai est proclamé faux. La radiographie politico-poétique d’Allen Ginsberg d’une Amérique malade d’elle-même apparaît être en 2025 d’une terrifiante acuité.
Nous avons voulu « fabriquer » une musique visuelle. La forme kaléïdoscopique et dadaïste de l’album est faite de la multiplication des timbres, de la confrontation entre les deux instruments mélodiques, porte-voix «archaïques» d’une humanité fragmentée et celui de l’électronique, écho-usine d’un monde en pleine mutation.
Tel le Moloch de Ginsberg, l’électronique d’Olivier Sens « avale » les deux autres instruments pour re-créer différents espaces sonores, proches, lointains, démultipliés, dissociés, fracturés. Palais des Glaces musical. America-Illusion et Techno-Cirque. La puissance de cette rythmique protéiforme donne l’ossature et l’énergie de fond à la dynamique incantatoire des textes, à la plasticité sonore de cette
« composition spontanée ».


Franca Cuomo, voix, conception
Michel Edelin, diverses flûtes : piccolo, basse, alto, « standard », ethniques
Olivier Sens, électronique, système « Usine »
Prise de son, mixage : Camille Lezer
(Muse en circuit, studio Luc Ferrari)
Masterisé par Maïkol Seminatore
Photographies : Samuel Silvant / Conception graphique L'Ymagière
Production : collectif lamachinerie
Avec le soutien de : La Muse en Circuit, Centre National de Création Musicale (Alforville)
L’amicale collaboration de : JujuWorks
Distribution : Les Allumés du Jazz
Jim Crow album American Dream création vidéo Valérie Rabinovitch